Le journal du confinement

The lockdown diary

 Extraits de photographie et vidéo, 52 jours, 2020

Extracts of photography and video, 52 days, 2020

J’ai été bloquée à Paris dès le début du confinement, le 17 mars 2020. La majorité des Parisiens sont partis dans les zones rurales où vivent leurs familles ou des connaissances. Il me semblait que la plupart des habitants de mon quartier sont partis et l’ambiance est devenue très silencieuse. Comme je n’ai pas de famille en France, je ne pouvais pas partir ailleurs. Alors j’étais seule. J’ai continué à habiter dans mon petit studio au dernier étage d’un immeuble. Au début, je pensais que le confinement était quelque chose de très déprimant. Je ne pouvais pas voir des gens ni me déplacer librement. J’ai commencé à être stressée. En me posant la question « Comment vais-je gérer cette réalité ? » j’ai pris une décision de tenir un journal de photographies accompagnées de textes.

J’étais esseulée dans le désert urbain. Face à toutes ces contraintes et souffrances, j’ai réfléchi à comment pouvoir ressentir un bonheur dans cet état. Renfermée à l’intérieur, j’ai essayé de m’amuser en créant des installations de nature morte composées d’éléments de mon quotidien. Lorsque j’étais à l’extérieur, j’ai essayé d’errer le plus longtemps possible en échappant aux contrôles de police. Le temps était ralenti. J’arrivais à capter des petites choses que je n’ai pas remarquées avant comme le mouvement de nuages, l’intensité de la lumière et saisir le changement de saison qui me paraissait beaucoup plus tangible que d’habitude. J’ai commencé à aimer ce temps particulier fait de mes observations de la vie quotidienne. La nature, elle, n’était pas confinée. Je n’étais pas seule. Une fois que je sortais dans la rue, je sentais l’énergie des êtres vivants et croisais des passants. Eux aussi cherchaient le bonheur dans l’air du printemps.

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